Et si c'était toi..

Dernière mise à jour : 12 oct.

Alix & Flora




L’écran brisé de mon téléphone s’allume soudainement alors que je suis en train de manger une pizza, installée confortablement sous la couette devant la nouvelle série en vogue sur Netflix.


22h34 : “Tu fais quoi ce soir ?”


« Oh non, ne me dit pas qu’elle est devant la porte… » me dis-je avec un soupçon d’hésitation tout de même. C’est bien son genre à Alix. Débarquer sans prévenir en bas de chez moi. Pour m’en assurer, je jette un rapide coup d'œil par ma fenêtre. Ce n’est pas le moment, je suis en survêtement, mon corps respire le renfermé d’une fin d’un week-end compliquée. Mais je suis vite rassurée quand je constate que ma rue est déserte. “Ouf”, soupirais-je.


Confiante, je prends mon téléphone qui attend sur mon lit et lui réponds :


22h36 “Je te vois ? 😉”


À l’instant où le message s’envoie, je regrette. « Non mais je n’ai pas osé écrire ça quand même… » C’est typiquement moi ça, d’envoyer sur un coup de tête un message osé et le regretter la seconde d’après. mon coeur palpite, je deviens rouge quand soudain je vois que le message a été lu.


« Super, maintenant tu lui as fait peur, t’as tout gagné vraiment Flora. » marmonnais-je toute seule.


22h38, mon téléphone se rallume, mon cœur manque de sortir de ma poitrine quand soudain j’arrive à percevoir sur mon écran blanc :


« Je suis chez moi, je t’attends 😉»


Je manque de m'étouffer avec ma part de pizza, je relis son message à maintes reprises, me pince le bras pour m’assurer que je ne rêve pas, mais son message est toujours bel et bien sous mes yeux. Je n’ai pas le temps de prendre conscience de son message quand je reçois en simultané une photo de ses jambes nues allongées, ses draps rayés savamment positionnés pour laisser deviner le haut de ses cuisses, avec des bougies dans le fond de sa chambre, déjà allumées.


Ma respiration s'accélère tellement, que je me lève et me dirige immédiatement vers ma salle de bain en face de ma chambre pour avaler un peu d’eau fraîche et m'éclabousser le visage. « Elle m’a vraiment proposé d’aller chez elle là ? » me dis-je en me regardant dans le miroir.

  • Qqqquiiii ça ??? hurla Julie, ma coloc à l’autre bout du couloir.

On ne peut jamais être tranquille dans cette maison visiblement.


  • Personne, lui répondis-je en criant.


Trop tard, elle était déjà devant la porte de ma salle de bain, m'empêchant de sortir sans que je lui raconte en détails ma soirée en approche « j’ai encore manqué un moment pour me taire » me disais-je.

  • La nana avec qui je parle depuis plusieurs semaines et que je vais rencontrer pour la première fois ce soir.

  • Bonne baise alors ?

  • Pff, tout de suite. Bon laisse moi passer maintenant !

  • Ok crevette. Je dois t’attendre pour manger demain ?

J’hésite.

  • Je ne pense pas, moulette !

Ces surnoms sont vraiment d’un ridicule mais ils ont le mérite de nous faire rire Julie et moi.

Je pars d’un pas décidé dans ma chambre et réponds à Alix “J’arrive dans 45mn.”

22h45 , sms d'Alix : mon adresse : 11 rue Paul Bert à Annemasse.

Sa réponse a le don de me faire rire nerveusement. Je prépare un sac, glisse mon plus bel ensemble de lingerie noire, ma brosse à dent, un change pour demain et l’essentiel beauté pour une nuit. Ensuite je file me laver, j’en profite pour me maquiller très légèrement, juste ce qu’il faut pour être jolie sans trop en faire.

Je monte dans ma voiture et file à toute vitesse malgré la pluie battante.


La route est longue, j’ai le temps de penser au déroulement de cette soirée à maintes reprises. Mon excitation est d’autant plus grande que c’est la première fois que je la vois. Notre histoire a commencé sur une application de rencontre il y a un peu plus de 2 semaines, malgré mes réticences à aller sur des applications. Julie m’a pourtant convaincue que c'était le seul moyen de rencontrer quelqu’un de nos jours.


Enfin, le GPS m'indique que je suis arrivée. Mes mains tremblent, je suis à deux doigts de faire demi-tour, tellement le stress est en train de grandir en moi. Mais j’ai besoin de voir celle qui occupe mes pensées depuis des semaines maintenant.


Je me remets un peu de parfum, je vérifie que mes cheveux et que mon maquillage sont en place dans le miroir de ma voiture quand soudain une voix m’interpelle, c’est Alix :

  • Bah alors tu es déjà là, toi ? me lance-t-elle avec un air narquois et un sourire en coin.

Mon regard se fige. Ça y est. Elle est là en face de moi, cheveux courts, yeux verts, vêtue d’un jogging et d’un débardeur moulant. Elle s’approche d’un pas nonchalant et contourne ma voiture pour arriver côté conducteur. Puis elle ouvre la portière de ma voiture et se penche vers moi.

  • HÉ OUI, je suis bel et bien là ! dis-je pour qu’elle ne voie pas ma gêne.

C’est sans surprise que la blague ne l’a pas fait rire. Elle va vite se rendre compte de la mascarade et que l’assurance derrière mon téléphone n’est vraiment pas la même que celle de la femme qui lui fait face depuis maintenant plusieurs minutes.

  • Je t’emmène chez moi ? me dit-elle en me fixant d’un regard qui me fait fondre.

Sans un mot, je la suis dans son hall d’immeuble, puis dans l’ascenseur. La tension entre nos deux corps est élevée, d’un regard elle me fixe les yeux et me sourit, je rougis rapidement mais la situation me fait rire.


Après de longues minutes dans un silence lourd d’excitation, on arrive chez elle. Elle m’ouvre la porte et m’invite à entrer, je suis impressionnée par son goût prononcé pour la décoration, un mélange entre le rétro des années 90 et industriel, tout s’accorde parfaitement ensemble.


C’est alors que je sens deux mains enlacer ma taille. Mon pouls s’accélère et je me retourne, je suis face à elle, seulement quelques centimètres séparent désormais nos lèvres. Elle approche encore plus les siennes, si bien que je sens son souffle sur mon visage. Puis elle se retourne, et se dirige dans la cuisine. Elle m’apporte un verre de rouge, un grand cru selon elle. Je souris bêtement, comme depuis le début de cette soirée, la remercie et trinque avec elle en l’honneur de cette belle soirée qui s’annonce.


On échange un peu, elle me parle de ses passions, le vélo et la natation, elle m’explique n’avoir jamais connu d’hommes, qu’elle a su très rapidement qu’elle était attirée uniquement par les femmes. Elle n’est pas très bavarde, ce qui m’arrange car je suis de celle qui préfère le silence aux longues soirées barbantes à échanger des banalités sur nos vies respectives.


Assez rapidement nos regards se soutiennent pour ne plus se lâcher. La puissance de ses yeux verts et perçants sur mon corps me font vaciller. Je regarde ses lèvres, mon envie de l’embrasser grandit. De toute façon cette histoire est sans lendemain, à quoi bon jouer la fille inaccessible, elle comme moi n’avons aucun doute sur l’issue de la soirée. Décidée je m’approche d’elle et pose délicatement mes lèvres contre les siennes. Le verre de vin a sûrement aidé dans cette prise de confiance soudaine. L'électrochoc est direct, mon cœur s’emballe. Ses lèvres attrapent les miennes. Quand je tente de reculer légèrement, sa main me prend la nuque et remonte dans mes cheveux… Soudain, elle me fait basculer sur le canapé. J’ouvre mes jambes pour laisser son corps se blottir contre le mien, elle continue de m’embrasser et commence doucement à descendre dans la nuque. Mon cœur palpite, mes mains deviennent moites, je n’ai qu’une envie, glisser mes mains le long de son corps…



(à suivre)



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